samedi 20 février 2010

Antonioni

J'aime les romans-photos prétentieux d'Antonioni.

Sa façon de séduire le public en jouant sur sa mauvaise conscience bourgeoise.

Sa façon de séduire les femmes bourgeoises en leur renvoyant une image d'elles-mêmes qui leur plaît. 

La photo de ses films.

Mais j'aime surtout les creux.

Les plaies et les bosses.

Les fusées qui s'envolent dans le ciel.

La lourdeur du ciel.

La pelouse bosselée.

Les plans de mur.

Chirico, Antonioni, Modiano.

La plaine du Cri.

Les statues africaines de l'Eclipse.

Le moindre mouvement de caméra fait peur, crée un suspense.

J'aime la zone.

J'aime que ce soit un peu merdique.

Je n'aime pas du tout Monica Vitti dans les films d'Antonioni.

J'aime leur évidence.

Je n'aime pas quand ça parle, sauf quand ça ne dit rien.

J'aime quand ça ne dit rien.

J'aime la fatalité.

J'aime la rencontre dans la maison de Gaudi : directe. Pas de chichis.

J'aime l'hélice dans Blow up.

J'aime Wanda de Barbara Loden chez Antonioni.


3 commentaires:

'33 a dit…

ah oui. il est bien ton blog, c'est cool qu'on puisse commmenter.

Moi j'aime bien Monica Vitti.

Jean-Baptiste Morain a dit…

Merci 33, ça me fait très plaisir.
Viens quand tu veux.

Pierre Léon a dit…

Chirico, Modiano, je passe mon tour.
"La peur policière qui s'affiche dans les travellings", c'est joliment dit, sauf que c'est Antonioni le flic et Rossellini est son commissaire divisionnaire.