De cette interview (pas très passionnante, je dois le reconnaître) de Woody Allen, je garde surtout le souvenir du décor.
C'était la première fois que je mettais les pieds au Ritz - depuis, bien sûr, j'y vis à l'année.
Quand l'attachée de presse (la publiciste, disent les Américains, je crois) ouvrit la porte pour me faire entrer, je compris pourquoi elle avait tenu à m'accompagner.
Le salon était gigantesque. Au fond, un énorme canapé, avec un petit monsieur dont je ne distinguais pas bien les traits. On aurait dit un gardien au milieu de ses buts.
Après un petit quart d'heure de marche, je finis par le rencontrer : c'était bel et bien Woody Allen, dans une jolie chemise bleue. Il était bien urbain, dois-je dire.
Je le fis sourire à un moment. Il était en train de parler des gens qui mangent trop, et, par réflexe, je rentrais aussitôt mon ventre (je souffrais d'un léger embonpoint). Mais tout cela est dans le petit texte d'introduction de l'interview et n'a guère d'intérêt.
Non, ce qui me reste de cette interview, c'est l'image de ce petit New-yorkais assis dans un grand canapé Louis XVI posé au fin fond d'un salon digne de Versailles.
Nota Bene : Pourquoi les journalistes se flattent-ils toujours de rencontrer des gens célèbres ? Certains, je les connais, vivent dans l'illusion qu'ils ont fait copain-copain avec ces gens. Ils les appellent désormais par leur prénom, alors que leur interlocuteur a déjà oublié leur visage. Mais il me semble aussi que l'orgueil ne se situe pas seulement dans le fait de les avoir rencontrés, mais dans celui que ces célébrités (parmi lesquelles de grands esprits parfois), aient daigné leur accorder quelques minutes de leur vie. On se réjouit d'être entré dans la biographie d'un grand homme, en quelque sorte. Si un jour un futur petit Kubrick tente de reconstituer jour par jour la vie de ce people, il tombera sur nous, se dit-on. Nous voici dans l'Histoire. Vanitas.
Procrastinations, tergiversations et ratiocinations vagues d'un critique de cinéma (existent en toutes tailles)
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jeudi 7 avril 2011
Woody Allen au Ritz
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lundi 7 mars 2011
Boxe avec Coppola
J'ai rencontré deux fois Francis Ford Coppola dans ma vie.
La première fois à Cannes, où il présentait Tetro. Interview très courte sur la terrasse de la Quinzaine des Réalisateurs. Homme charmant, pressé, un peu trop peut-être, précédant les questions que je ne voulais pas lui poser. Mais impeccable, curieux, surprenant (il a fait l'éloge de la couleur de mon polo : violet).
La seconde fois, ce fut une catastrophe. J'étais avec mon camarade JJG dans une suite de palace à Paris. En fait, Coppola ne voulait pas une interview. Il voulait qu'on lui rentre dans le lard (c'est une image). On ne s'y attendait pas, on n'était pas en forme, j'ai paniqué (on panique facilement devant les gens qu'on admire), le gros barbu m'a renvoyé une question dans les gencives, JJG est intervenu, il nous a bien défendus (je perdais le peu d'anglais que j'ai dans la fuite), mais notre proie était fort déçue. Il nous a demandé pour quel journal on écrivait. Le cauchemar.
Et puis Francis Ford Coppola nous a fait un truc tordu. Il nous a demandé (sommé ?) de lui poser une question bien dérangeante, compliquée, le mettant en porte-à-faux, en difficulté, le faisant trembler sur ses bases. Un truc qui le ferait transpirer, a-t-il ajouté en montrant son front de son index boudiné (il me fait penser à mon père).
Un vrai défi, le truc impossible dans notre état. Je crois même qu'il serrait le poing en attendant l'attaque.
Je me suis revu vingt ans plus tôt face à un prof de la Sorbonne qui voulait me laisser une dernière chance : "Dites-moi quelque chose d'intéressant sur un sujet qui vous intéresse"... Le truc de pervers. Argh. Pas ça, Francis, pitié.
Il nous a dit aussi qu'il en avait marre qu'on le respecte, qu'on lui parle comme à un vieux. Mais comment agresser un type qu'on admire autant ? Comment le lui faire comprendre ? Le temps filait.
On s'est débrouillé. J'ai oublié la suite (je veux oublier la suite).
On s'est pas compris. Raté. Rater une rencontre avec Francis Coppola (j'en frémis encore). Pfff... Le pire, c'est qu'on a quand même réussi à en sortir quelque chose pour le journal, je ne sais pas comment.
Mon plus gros échec. En même temps, ça fait un souvenir spécial. Cuisant, mais spécial.
Attends un peu, Francis, tu verras la prochaine fois. Tu veux de la baston ? On va pas te rater, crois-moi. T'as intérêt à venir avec un casque et une armure. Compris ?
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lundi 21 juin 2010
Les supposés reflets
Il y a un truc que les journalistes aiment beaucoup : le coup du "reflet de la société". Le symptôme qui trahit le syndrome.
Dernière manifestation : un joueur de foot célèbre dit des gros mots à destination de son entraîneur (c'est mal), on l'expulse de son équipe (sanction), ses copains ne sont pas contents et font grève : c'est le "reflet de la société", et l'illustration des "dérives du foot business", la preuve que les footballeurs professionnels de haut niveau sont devenus des enfants-rois qui estiment que tout leur est dû, qu'il ont le droit de faire la loi.
Mais s'ils jouaient mieux, s'ils avaient gagné des matchs haut le pied, personne ne le leur reprocherait. Tout déraille quand les résultats ne sont pas là. Ont-ils vraiment changé, les footballeurs français, depuis 1998, l'année où ils ont remporté la coupe du monde ?
On ne reproche aux footballeurs leur attitude que lorsqu'ils perdent (malheur au vaincus). Le reste du temps, ce "reflet de la société" ne dérange presque personne.
Pourquoi ?
Notre société est prête à accepter tous les abus, tous les caprices, toutes les tricheries pourvu qu'en échange, les salariés soient efficaces, rentables, à la mesure de ce pourquoi on les paie (remember Kerviel).
Ce qu'on leur reproche en réalité, ce n'est pas de se comporter comme des malotrus ou des voyous, mais de ne pas mériter leur salaire, leurs privilèges, leur réputation.
Comme tout bon entrepreneur d'aujourd'hui, nous voulons les virer parce qu'ils ne se montrent pas à la hauteur et parce qu'ils font tache.
Alors, comme tout bon entrepreneur, on les accuse de la rage.
C'est en cela que cette affaire est le "reflet de notre société".
Pardon.
Dernière manifestation : un joueur de foot célèbre dit des gros mots à destination de son entraîneur (c'est mal), on l'expulse de son équipe (sanction), ses copains ne sont pas contents et font grève : c'est le "reflet de la société", et l'illustration des "dérives du foot business", la preuve que les footballeurs professionnels de haut niveau sont devenus des enfants-rois qui estiment que tout leur est dû, qu'il ont le droit de faire la loi.
Mais s'ils jouaient mieux, s'ils avaient gagné des matchs haut le pied, personne ne le leur reprocherait. Tout déraille quand les résultats ne sont pas là. Ont-ils vraiment changé, les footballeurs français, depuis 1998, l'année où ils ont remporté la coupe du monde ?
On ne reproche aux footballeurs leur attitude que lorsqu'ils perdent (malheur au vaincus). Le reste du temps, ce "reflet de la société" ne dérange presque personne.
Pourquoi ?
Notre société est prête à accepter tous les abus, tous les caprices, toutes les tricheries pourvu qu'en échange, les salariés soient efficaces, rentables, à la mesure de ce pourquoi on les paie (remember Kerviel).
Ce qu'on leur reproche en réalité, ce n'est pas de se comporter comme des malotrus ou des voyous, mais de ne pas mériter leur salaire, leurs privilèges, leur réputation.
Comme tout bon entrepreneur d'aujourd'hui, nous voulons les virer parce qu'ils ne se montrent pas à la hauteur et parce qu'ils font tache.
Alors, comme tout bon entrepreneur, on les accuse de la rage.
C'est en cela que cette affaire est le "reflet de notre société".
Pardon.
mercredi 19 mai 2010
Y être ou ne pas y être
Irai-je à la soirée ? M’y verra-t-on ? Mon absence ne serait-elle pas plus visible que ma présence ? Louis Garrel m’avoue un jour être taraudé par ces questions et a pleine conscience de son ridicule narcissisme d’acteur mais n’arrive pas à y échapper.
Irai-je à Cannes ? Pour voir les films ou pour montrer qu’on a jugé bon que je vienne les voir ?
« Je suis devenu comédienne par hasard, on m’a forcée » avait dit Julie Depardieu devant Gérard et il n’était pas content. Pas content que les gens n’assument pas de vouloir devenir acteur. Lui, quand il était jeune, il voulait faire partie de la famille, Gabin, Blier, Carmet, Francis Blanche l’aimaient bien alors faisaient en sorte qu’il soit sur le plateau. Il le voulait, y être avec les vieux, Gérard, sur le plateau et à l’écran. Bien sûr. Gérard râlait alors Julie avait dit que oui, elle aimait ça quand même ce métier, et il disait qu’il préférait, Gérard, qu’il en avait marre de ces poses consistant à ne pas vouloir être où on est quand on y est pas si mal que ça quand même…
Avant Cannes, une année, un journaliste avait dit à tout le monde qu’il ne venait pas en sous-entendant qu’il trouvait ça nul, Cannes. Une nuit, pendant le festival, je fus réveillé par une discussion agitée dans la chambre voisine de la mienne et je reconnus distinctement la voix du journaliste parisien qui ne voulait pas se mêler à la foule de Cannes. Mais qui y était quand même descendu, une seule journée, pour y dîner avec des amis, incognito. Faisant tout pour ne pas être là mais pour que tout le monde sache au final qu’il était passé sans voir personne sinon quelques happy few.
Vous me suivez ?
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samedi 15 mai 2010
C'est pas une cuve !
Je ne sais pas pourquoi je pense à cela. Je suis à Cannes pour suivre le festival.
Il y a quelques semaines, j’étais parti en vacances sans avoir eu le temps de terminer un article.
Je l’ai donc achevé sur mon lieu de vacances, dans une résidence secondaire à la campagne que j’aime beaucoup et que je connais bien.
Pendant presque deux jours, je suis resté enfermé dans ma chambre, allongé sur mon lit avec mon ordinateur, mes notes et les DVD des films du réalisateur dont je devais écrire le portrait.
J’y ai pris, je dois le dire, beaucoup de plaisir (avec toujours cette petite angoisse d’oublier l’essentiel et de se perdre dans le secondaire, qui assombrit tout ce que je fais). J’avais utilisé deux jours de congés payés pour travailler mais j’étais assez content du résultat.
Mais j’ai une famille, une épouse, des enfants. Je ne me suis pas beaucoup occupé d’eux, en dehors des heures de repas et des soirées pendant ces deux journées.
Je ne veux pourtant pas ici parler de culpabilité, ce n’est en tout cas pas le sujet que je désire aborder.
Accomplir un travail dont on est content, dont on pense qu’il n’est pas totalement inutile, stupide, inintéressant, est valorisant (je dis cela aujourd’hui, je ne l’ai pas toujours pensé).
C’est juste que je ne comprends pas très bien comment nous répartissons notre temps de vie et j’ai le sentiment partagé avec certains de mes amis de ne pas réussir à tout rationaliser, à compartimenter correctement le temps et les choses pour que tout s’emboîte. On fait ce qu'on peut. Mais ce n'est pas seulement ça.
Mon beau soucis, ici, ce sont les enfants. Que doit-on donner à ses enfants ? De quoi ont-ils besoin ? Que nous demandent-ils au fond ? De les rassurer ? De leur montrer qu’il est possible, avec de la chance, d’avoir une vie pas trop horrible tout le temps (je respire la joie, là, je le sens) ?
Ce temps que j’ai consacré avec un certain bonheur à une tâche qui me comblait tout en en la considérant comme un devoir, le leur ai-je retiré ou le leur ai-je pris ? Je crois hélas que l'équilibre des enfants dépend de celui de leurs parents. Mais je n’ai pas l’illusion qu’elle leur suffise non plus. C'est comme l'amour. C'est bien l'amour, mais bon, c'est un peu facile parfois, d'aimer, aussi.
Mes enfants ne m’ont rien reproché, je ne souffre pas réellement, ce serait exagéré de dire que je regrette de n'avoir pas consacré plus de temps à eux pendant ces deux jours. Je ne crois pas que le bonheur familial consiste à se trouver en permanence les uns avec les autres.
Je me demande juste comment employer au mieux le temps ici et maintenant. Quitte à le disperser et à le jeter par les fenêtres, d’ailleurs, le temps, s’il le faut.
Voilà. Je suis à Cannes pour le festival de cinéma.
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jeudi 18 février 2010
Les stagiaires de 3e
La semaine précédant les vacances, notre délicieux journal est envahi par des élèves de troisième venus effectuer un stage en entreprise.
On y retrouve un échantillon représentatif de la société française, toutes générations confondues : les boeufs, les éveillés, les curieux, les qui s'emmerdent.
Parfois, pour les distraire, on leur explique notre vie :
- Monsieur ?
- Oui ?
- Vous me racontez votre métier ?
- Bon, d'accord. On voit plein de films, on boit du champagne avec des génies, on prend le train, l'avion, le paquebot et le taxi aux frais du journal, on sniffe tout ce qui passe, on ne paye pas le cinéma, on reçoit des DVD, on est invités dans les festivals du monde entier, on dîne dans des grands restaus, on danse pieds nus sur la plage jusqu'à pas d'heure en criant des bêtises, on couche avec des belles actrices et on se la pète toutes les semaines en pourrissant tous les bellâtres musclés d'Hollywood dans nos papiers. C'est tout.
- Ouah, quel beau métier, M'sieur !
- Oui, je sais.
J'éclate en sanglots.
On y retrouve un échantillon représentatif de la société française, toutes générations confondues : les boeufs, les éveillés, les curieux, les qui s'emmerdent.
Parfois, pour les distraire, on leur explique notre vie :
- Monsieur ?
- Oui ?
- Vous me racontez votre métier ?
- Bon, d'accord. On voit plein de films, on boit du champagne avec des génies, on prend le train, l'avion, le paquebot et le taxi aux frais du journal, on sniffe tout ce qui passe, on ne paye pas le cinéma, on reçoit des DVD, on est invités dans les festivals du monde entier, on dîne dans des grands restaus, on danse pieds nus sur la plage jusqu'à pas d'heure en criant des bêtises, on couche avec des belles actrices et on se la pète toutes les semaines en pourrissant tous les bellâtres musclés d'Hollywood dans nos papiers. C'est tout.
- Ouah, quel beau métier, M'sieur !
- Oui, je sais.
J'éclate en sanglots.
vendredi 12 février 2010
Affolement (2)
Non, Monsieur. C'est du devoir du journaliste de filtrer, de savoir choisir ce qu'il convient de répéter ou pas. Ne vous dédouanez pas de votre responsabilité, des devoirs qui incombent à votre profession (que nous importe ce que vous en pensez, si vous la désiriez même, c'est votre affaire - vous avez une carte de presse, non ?). C'est à vous d'aider les gens que vous interviewez à s'exprimer du mieux possible. Arrêtez donc de vous plaindre, et travaillez ! Vous avez lu votre papier sur Le Temps des grâces, le documentaire de Dominique Marchais ? Je n'ai rien compris, et la personne qui a écrit le chapeau non plus puisqu'il décrit fort mal le film dont il est question. Occupez-vous donc de vos affaires, de ce qui dépend de vous (relisez Epictète, merde !). Tenez-le vous pour dit.
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mercredi 10 février 2010
Affolement
J'écris très vite ce post. Hier, j'interviewe un acteur anglo-saxon qui me raconte, avant même que je lui aie posé la moindre question, qu'il a profité de son séjour à Paris, entre deux campagnes de promotion, pour prendre des cours de français à l'Alliance française, parce que son épouse et ses enfants parlent le français. Je lui fais part de mon approbation et il ajoute aussitôt : "Mais n'en parlez pas dans votre article". J'acquiesce.
Depuis hier, je me demande bien pourquoi il ne souhaite pas que j'écrive dans mon papier (à vrai dire, je n'en vois pas vraiment l'intérêt) qu'il tente de perfectionner son français. Il ne veut pas que je fasse de la pub pour l'Alliance française ? Il veut faire une surprise à ses proches ? Et s'il m'avait menti ? Bref, je me perds dans des délires d'un intérêt assez invisible.
La vraie question est : pourquoi une célébrité raconte-t-elle à un journaliste des choses qu'elle ne souhaite pas voir publier ? Pour l'amadouer, créer une fausse complicité ? Je me souviens d'une actrice qui m'avait tout dit de sa psy (son nom, son adresse, son prix, sa vie ou ce qu'elle en savait), et qui m'avait glissé avant de se rendre à sa séance du jour qu'elle ne savait vraiment pas quoi lui raconter, comme si elle attendait de moi que je le lui dise. Que faire de ces confidences exagérées ? Comment ne pas croire qu'elle souhaitait vraiment que tout ce qu'elle me disait soit publié ?
Nous devrions refuser le "off", exiger des interviewés qu'ils ne disent que ce qu'ils assument de dire.
En dehors de cela, il était charmant.
Depuis hier, je me demande bien pourquoi il ne souhaite pas que j'écrive dans mon papier (à vrai dire, je n'en vois pas vraiment l'intérêt) qu'il tente de perfectionner son français. Il ne veut pas que je fasse de la pub pour l'Alliance française ? Il veut faire une surprise à ses proches ? Et s'il m'avait menti ? Bref, je me perds dans des délires d'un intérêt assez invisible.
La vraie question est : pourquoi une célébrité raconte-t-elle à un journaliste des choses qu'elle ne souhaite pas voir publier ? Pour l'amadouer, créer une fausse complicité ? Je me souviens d'une actrice qui m'avait tout dit de sa psy (son nom, son adresse, son prix, sa vie ou ce qu'elle en savait), et qui m'avait glissé avant de se rendre à sa séance du jour qu'elle ne savait vraiment pas quoi lui raconter, comme si elle attendait de moi que je le lui dise. Que faire de ces confidences exagérées ? Comment ne pas croire qu'elle souhaitait vraiment que tout ce qu'elle me disait soit publié ?
Nous devrions refuser le "off", exiger des interviewés qu'ils ne disent que ce qu'ils assument de dire.
En dehors de cela, il était charmant.
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mardi 2 février 2010
Déclaration d'indépendance (1)
Critique et journalisme ne font pas bon ménage. Le journalisme est un métier de réseau, la critique est un métier solitaire. Le critique n'a pas d'amis quand il critique, le journaliste n'a que ça, des amis. Un réseau se tisse, s'entretient au quotidien, en restant en contact permanent avec chaque membre du réseau : c'est un travail. Quand le journaliste a besoin d'un membre de son réseau, ce dernier accepte aussitôt de se manifester. Quand il écrit, le journaliste pense à tous ses amis. C'est comme cela qu'on devient un journaliste respecté, consulté, même quand on n'est plus du tout journaliste.
Un critique est un ours mal léché. Un gardien de but : quand il arrête une balle, la moitié des gens qui se trouvent autour de lui hurlent de joie, l'autre moitié l'insulte.
Mais tout cela est théorique. Ce n'est pas faux mais ce n'est pas la vérité non plus.
(A suivre)
Un critique est un ours mal léché. Un gardien de but : quand il arrête une balle, la moitié des gens qui se trouvent autour de lui hurlent de joie, l'autre moitié l'insulte.
Mais tout cela est théorique. Ce n'est pas faux mais ce n'est pas la vérité non plus.
(A suivre)
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samedi 2 janvier 2010
La procrastination du jour
Je me suis résolu à devenir journaliste alors que j'atteignais la quarantaine. C'était ça ou travailler.
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