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vendredi 12 février 2010

Affolement (2)

Non, Monsieur. C'est du devoir du journaliste de filtrer, de savoir choisir ce qu'il convient de répéter ou pas. Ne vous dédouanez pas de votre responsabilité, des devoirs qui incombent à votre profession (que nous importe ce que vous en pensez, si vous la désiriez même, c'est votre affaire - vous avez une carte de presse, non ?). C'est à vous d'aider les gens que vous interviewez à s'exprimer du mieux possible. Arrêtez donc de vous plaindre, et travaillez ! Vous avez lu votre papier sur Le Temps des grâces, le documentaire de Dominique Marchais ? Je n'ai rien compris, et la personne qui a écrit le chapeau non plus puisqu'il décrit fort mal le film dont il est question. Occupez-vous donc de vos affaires, de ce qui dépend de vous (relisez Epictète, merde !). Tenez-le vous pour dit.

mardi 2 février 2010

Déclaration d'indépendance (2)

Le critique n'est pas tout à fait seul. Il a des interlocuteurs : ses collègues et confrères, les attachés de presse, et ce qu'on appellera sa culture générale pour simplifier.

On choisit les collègues et confrères avec lesquels la discussion pourrait être profitable. On est aussi choisi par eux (je décompose, là, pour éclairer, si possible). On ne parle pas à n'importe qui, n'importe qui ne vous parle pas (heureusement - vous noterez quel ton rogue j'emploie pour parler de cette activité somme toute peu reluisante). On se flaire, on s'aborde, on se fuit, on se méfie, on se confie, on s'épie. On s'admire, on se jalouse. On dit du mal des gens qu'on apprécie, on dit du bien de nos imbéciles. On se grandit parfois, on s'abaisse souvent, on calcule, on s'abandonne aussi au plaisir des grands articles.

Les attachés de presse sont dangereux. Leur travail consiste à vous séduire. Chacun a sa méthode, même la plus surprenante, surtout la plus surprenante (le mépris). Le critique, vieux ronchon, est sensible à la flatterie aussi bien qu'au dédain, qu'il veut faire tomber, bien sûr. Il oublie sa réserve, il aime oublier jusqu'au métier qui nourrit son interlocuteur. Même quand il n'est pas dupe, il se fait avoir. Il aime se faire avoir.

Pourtant, quand il est face à l'écran blanc, il oublie tout le monde parce qu'au fond du fond, il sait bien que personne ne l'aidera. Il n'en fait qu'à sa tête.

(A suivre)