mercredi 19 mai 2010

Y être ou ne pas y être

C’est la question.

Irai-je à la soirée ? M’y verra-t-on ? Mon absence ne serait-elle pas plus visible que ma présence ? Louis Garrel m’avoue un jour être taraudé par ces questions et a pleine conscience de son ridicule narcissisme d’acteur mais n’arrive pas à y échapper.

Irai-je à Cannes ? Pour voir les films ou pour montrer qu’on a jugé bon que je vienne les voir ?

« Je suis devenu comédienne par hasard, on m’a forcée » avait dit Julie Depardieu devant Gérard et il n’était pas content. Pas content que les gens n’assument pas de vouloir devenir acteur. Lui, quand il était jeune, il voulait faire partie de la famille, Gabin, Blier, Carmet, Francis Blanche l’aimaient bien alors faisaient en sorte qu’il soit sur le plateau. Il le voulait, y être avec les vieux, Gérard, sur le plateau et à l’écran. Bien sûr. Gérard râlait alors Julie avait dit que oui, elle aimait ça quand même ce métier, et il disait qu’il préférait, Gérard, qu’il en avait marre de ces poses consistant à ne pas vouloir être où on est quand on y est pas si mal que ça quand même…

Avant Cannes, une année, un journaliste avait dit à tout le monde qu’il ne venait pas en sous-entendant qu’il trouvait ça nul, Cannes. Une nuit, pendant le festival, je fus réveillé par une discussion agitée dans la chambre voisine de la mienne et je reconnus distinctement la voix du journaliste parisien qui ne voulait pas se mêler à la foule de Cannes. Mais qui y était quand même descendu, une seule journée, pour y dîner avec des amis, incognito. Faisant tout pour ne pas être là mais pour que tout le monde sache au final qu’il était passé sans voir personne sinon quelques happy few.

Vous me suivez ?

1 commentaire:

eva truffaut a dit…

jusqu'au bout de la nuit, jbm, comme les démons de minuit